Connu pour son solide coup de fourchette, il croque aussi les travers de la bourgeoisie française.
Le réalisateur de Beau Serge et de Madame Bovary, célèbre pour son goût prononcé pour la gastronomie, dépeint avec la même passion les travers de la bourgeoisie française. Son dernier film, La Fille coupée en deux, est présenté à la 64e Mostra de Venise qui vient de s'achever.
Gastronomie et tournage
La légende veut que vous choisissiez vos lieux de tournage en fonction des restaurants. Confirmez-vous ?
Claude Chabrol (amusé). – Disons que, lorsque je suis face à plusieurs options de tournage, le choix d'une bonne table pèse lourdement. Ce n'est pas seulement pour moi, mais pour toute l'équipe. Il paraît qu'il existe des gens indifférents à leur nourriture, alors qu'ils mangent trois fois par jour ! La qualité des repas sur un tournage est cruciale. Pour La Fille coupée en deux, à Lyon, Catherine Martin a géré la cantine, qui était excellente. Je la connais bien, elle a aussi officié sur le tournage de Madame Bovary.
Une passion pour le vin
Vous avez une réputation de "très bordeaux"...
– Préférer un bon Bordeaux à un mauvais Bourgogne n'est pas un crime ! Bien que j'apprécie tous les types de vin. Mes souvenirs incluent des vignerons de Saumur et j'ai une tendresse particulière pour les vins du Sud-Ouest. Mon souvenir marquant ? Un nuits-saint-georges de 1947.
Votre dernier repas au restaurant ?
Il s'est déroulé au Havre, dans un restaurant local pendant le tournage de Maupassant. Les autres établissements que j'ai visités démontrent que mes tournages ne s'effectuent pas toujours à proximité de bonnes tables. On reconnaît un mauvais restaurant à ses intitulés de plats ridicules.
La cuisine à l’écran
On vous dit amateur de bonne cuisine...
Il est vrai que certains de mes personnages mangent. Cela reflète le quotidien de chacun, pas uniquement ma passion personnelle. Toutefois, ma femme, Aurore, m'a tout bonnement exclu de la cuisine, bien que j'aimais préparer des plats pour ses anniversaires, car cela tournait souvent au fiasco !
La recette qui vous fait fondre ?
La sole Aurore, un plat que ma femme réalise à la perfection, est un délice. Je me charge du café à merveille, mais je garde la recette secrète. Je préfère l'arabica du Kenya, mélangé à du café vietnamien, pour une touche spéciale.
En parlant de plats qui coupent l'appétit...
Le pamplemousse est au sommet de ma liste. Son amertume est insupportable, bien que certains le trouvent rafraîchissant.
Vous aimez parler de cuisine bourgeoise ?
Les plats en sauce peuvent avoir leur place, tant qu'ils mettent en valeur des ingrédients de qualité. Je suis particulièrement passionné par la cuisine vietnamienne pour sa pureté et sa précision, découverte dans les années 70 à Paris.







