La bonne question.- Sous ses airs de boisson santé, le jus de fruits cache un taux de sucre inquiétant. Faut-il le retirer de l'alimentation de nos enfants ?
Ce sujet peut sembler excessif, mais il mérite d'être abordé. Beaucoup risquent de crier au retour d'un dictat alimentaire. Après le gluten et le lactose, les jus de fruits seraient-ils la nouvelle cible ? En toute objectivité, il est légitime de se poser la question. Grâce à leur étiquette de boisson aux fruits, ils bénéficient d'une image de santé, pourtant, il est crucial de se rappeler que le fruit renferme aussi du sucre. Que ce soit naturellement présent ou ajouté dans les nectars, cette réalité est à prendre en compte. Le sucre, surtout en excès, est associé à des risques de prise de poids, fatigue, diabète et maladies cardiovasculaires.
Alerte sur la consommation excessive de sucre
En 2019, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) a tiré la sonnette d'alarme : 75% des enfants de moins de 7 ans ingèrent trop de sucre. Ce phénomène serait alimenté par une surenchère publicitaire sur les produits sucrés. Une étude publiée par Santé Publique France révèle que plus de la moitié des produits promus par ces publicités en contiennent. Dans ce contexte, est-il prudent de maintenir nos enfants à l'écart des jus ?
Les recommandations sur les jus de fruits
Quelles conclusions en tirer ?
L'Anses recommande de réduire la consommation de boissons sucrées, y compris les jus de fruits. Selon leur avis, un verre par jour, et pas tous les jours, est un maximum. La diététicienne Mathilde Touvier souligne qu'aucun aliment ne devrait être totalement banni. Le jus, s'il est consommé avec modération, peut avoir un intérêt nutritionnel en apportant vitamines et hydratation, surtout au petit déjeuner.
Toutefois, il ne faut pas oublier que le problème principal réside dans la quantité de sucre. Un jus de fruits conserve un taux de sucre comparable à celui des sodas. Dr Jean-Michel Lecerf rappelle que même un verre de jus d'orange n'équivaut jamais à une seule orange entière. Par conséquent, il devient essentiel de surveiller la quantité absorbée.
Le choix d'un fruit entier est préférable
Sans fibre, le sucre passe directement dans le sang.
Pour mieux gérer la consommation, la meilleure option reste le fruit en entier. Son ingestion est plus rassasiante grâce à la mastication et aux fibres. Comme l'explique Marie-Laure André, diététicienne, le sucre des jus est rapidement assimilé, ce qui peut provoquer une augmentation rapide de la glycémie. Ainsi, favoriser les fruits entiers pourrait être une stratégie plus saine.
Une éducation alimentaire dès le plus jeune âge s'avère également primordiale. Au lieu de diaboliser le sucre, rappelons-nous de créer de bonnes habitudes. Mathilde Touvier insiste sur l'importance d'associer le goût du sucré à une récompense. Sa recommandation : éviter de donner des jus avant l'âge de 3 ans et privilégier l'eau lorsqu'un enfant a soif.
Quel type de jus choisir ?
Les jus étiquetés "100 % pur jus" sont souvent perçus comme plus sains, et la législation française interdit les additifs. S'il est possible de choisir, opter pour des jus bio est conseillé, car les agrumes sont parmi les fruits les plus chargés en pesticides. Toutefois, il est crucial de rester vigilant sur les nectars, qui peuvent contenir des sucres ajoutés.
*Mise à jour de l'article initialement publié le 22 septembre 2019.







