Le pire ennemi de l’assiette
Lorsqu'on évoque l'univers des restaurants, une réalité souvent négligée se dresse : la nécessité d'un public. Imaginez un instant un acteur sur scène, un footballeur sur le terrain ou un prêtre en pleine messe, confrontés à des sièges déserts. Quelle tristesse! Dans cet espace partagé, l'interaction est indispensable. Vivre un repas en solo dans un restaurant inoccupé est une expérience des plus mélancoliques.
La nuit était sombre, et les gouttes de pluie tambourinaient sur Paris. Ce n'était pas le temps idéal pour un repas au Cap Seguin, à Boulogne-Billancourt, récemment rénové. Les tables, en ce soir pluvieux, peinaient à se remplir. Pourtant, en cuisine, une dynamique s'animait, sous la direction de Manuel Heurtier et de sa jeune pâtissière. Le repas, simple mais savoureux, se composait d'un boudin noir accompagné de mesclun, d'un coulis de mangue relevé de piment d'Espelette, suivi d'un onglet de bœuf en croûte de moelle, et d'une joue de bœuf mijotée au vin rouge. Les desserts, généreux et inspirés, incluaient une croustade aux pommes, une mousse chocolat caramel et une tarte aux pralines roses. Un vrai délice! En vérité, un restaurant avec peu de clients ressemble à des pâtes attendant leur sauce : incomplet sans leur complément. La rencontre entre le chef et le convive crée l'atmosphère, fondamentale à l'existence d'un restaurant.
Le Cap Seguin se trouve au 27, quai Le Gallo, à Boulogne-Billancourt. Pour toute réservation, appelez le 01 46 05 06 07. Comptez environ 45 € pour un repas avec voiturier.







