Les scandales alimentaires tels que la vache folle ou les lasagnes au cheval ont suscité des interrogations sur notre alimentation. Aujourd'hui, une récente étude américaine suggère qu'une alimentation végétarienne pourrait contribuer à une longévité accrue. Cependant, la question demeure : cette transition est-elle viable pour tout le monde ? Quelles sont les carences potentielles à surveiller, et la viande est-elle réellement néfaste pour notre santé ? Deux experts nous apportent des éclaircissements.
Sommes-nous faits pour être végétariens ?
L'être humain primitif était à la fois carnivore et frugivore. Selon Damien Galtier, diététicien-nutritionniste, "c'est grâce à la viande et aux produits laitiers, riches en nutriments essentiels, que nos ancêtres ont pu évoluer". Aujourd'hui, la qualité de la viande est variée, allant des viandes haut de gamme aux produits industriels de moindre qualité. Les viandes de luxe provenant d'éleveurs respectueux sont souvent plus saines, mais à un coût plus élevé.
Exclure la viande, c’est meilleur pour la santé ?
Les nutritionnistes soulignent la nécessité d'équilibrer notre consommation de protéines. Actuellement, les protéines animales représentent souvent 75 à 80 % de notre apport protéique. "Il ne s'agit pas de bannir totalement la viande, mais de réduire les portions", explique Laurence Salomon, naturopathe. Un steak de 130 g peut facilement être remplacé par 110 g, largement suffisant pour un repas nutritif.
Quels risques en excluant totalement la viande ?
Selon Damien Galtier, "exclure uniquement la viande ne comporte pas de risque immédiat, mais supprimer toutes les protéines animales peut entraîner des carences significatives". Les carences les plus préoccupantes comprennent la vitamine B12, essentielle à la production de globules rouges et à la croissance des enfants. Pour compenser, il est conseillé d'intégrer des légumineuses et des oléagineux au régime ou de s'exposer au soleil pour intérer la synthèse de vitamine D.
Qui peut se passer de viande ?
Bien que le passage à un régime sans viande soit possible, il présente des exceptions. Les enfants de moins de 3 ans auraient besoin d'un régime traditionnel, incluant des protéines animales. Les personnes âgées, ayant des besoins accrus en protéines, ne devraient pas être contraintes d'abandonner la viande si cela leur plaît. Quant aux femmes enceintes, elles ont souvent des envies alimentaires qui leur permettent de respecter leurs besoins nutritionnels, renforcés par des suppléments.
Et si j’ai envie de viande de temps en temps ?
Ne culpabilisez pas si vous aimez la viande ! Dans la culture culinaire française, elle fait partie des plaisirs gastronomiques. Une option favorable est le flexitarisme, un style de vie où l'on consomme de la viande de manière occasionnelle, privilégiant les sources de haute qualité. Ce mode de vie autorise également l'exploration de nouvelles alternatives végétariennes comme les légumineuses et le tofu, enrichissant ainsi notre alimentation tout en préservant notre santé.







