Tout de même, se faire jeter dehors par un froid de gueux…
Dehors monsieur !
Il était une fois, il y a quelques jours, au Petit Verdot, un restaurant parisien qui a pris un tournant inattendu. Bien que ma réservation était confirmée, mon ami, arrivé le premier, reçut une mauvaise nouvelle : pas de table. Après quelques recherches, le patron divulgua par inadvertance mon nom véritable, ce qui provoqua un choc. Mon camarade fut rapidement mis à la porte, tandis que j'arrivais juste à temps pour admirer la scène. Malheureusement, la porte se fermait derrière lui avec une chaise barricadant l'entrée. Non mais !
Heureusement, à quelques pas de là, la Marlotte m’accueillit chaleureusement (55, rue du Cherche Midi, Paris VIe, tél.: 01 45 48 86 79). Après un saint-joseph, un boudin noir et un crémet, l'ambiance redevenait festive. Cependant, je nourrissais une idée obstinée : retourner au Petit Verdot. Une nouvelle réservation, un faux nom, et accompagnée de ma compagne, me voilà prêt à entrer, cheveux plaqués et lunettes à la Léon Zitrone. Le patron, cette fois-ci, fut charmant, et notre repas commença par un feuilleté d'aubergines, avocat et crabe. Mais voilà qu’il s'est approché de notre table, bras en avant, tête baissée : "Je vous ai reconnu, vous avez gagné, je m'incline !"
Hide Ishizuka, le chef, est une personnalité à part. Les critiques gastronomiques ne sont pas son fort, tout comme la clientèle de passage. C'est un homme d'une humilité rare. Le Petit Verdot, c'est un endroit où l'on entre avec respect, presque en religion, pour découvrir une cuisine à la fois douce et apaisante. En quittant les lieux, nous nous sommes retournés vers la façade, perplexes. Oui, ce restaurant existe réellement !
Le Petit Verdot, 75, rue du Cherche-Midi, 75006. Tél. 01 42 22 38 27. Comptez environ 50 €.







