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Manger, les doigts sur la couture.
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Derrière chaque critique se cache une vérité peu plaisante : émettre un jugement sur un restaurant peut s'avérer être un exercice délicat. Cependant, l’expérience culinaire chez Guy Savoy se place au cœur d’une controverse persistante. Depuis une décennie, la qualité des plats oscille entre satisfaisante et frustrante. En tant que critique, le défi est double : s’asseoir à la table d’un chef étoilé avec la crainte d’une désillusion.
Le restaurant, situé au 18, rue Troyon, Paris, continue de séduire par son service impeccable, orchestré par le talentueux sommelier Éric Mancio. La soirée commence avec des coquilles Saint-Jacques à 62 euros et une crème de lentilles-homard à 65 euros, mais ces entrées peinent à convaincre, l'excès de gras annihilant leur potentiel. Un moment de tension s’installe, laissant supposer que l’on est loin de vivre l'émerveillement gustatif.
Cependant, l’arrivée du saint-pierre pour deux, proposé à 150 euros, change la donne. Sa cuisson parfaite, accompagnée de salsifis et d'une sauce légère, offre une expérience sensationnelle, un véritable poème culinaire, presque à la manière d'une mélodie de Satie. Le travail du sommelier est à nouveau salué, les vins choisis complétant parfaitement le repas et créant une ambiance agréable parmi la clientèle.
La découverte se clôture sur une note sucrée avec des mandarines poêlées, délicatement accompagnées d’une préparation pralinée. L’addition finale, s'élevant à 443 euros, fait réfléchir. Nombreux sont ceux pour qui ces moments atypiques chez Guy Savoy passent de l'ordinaire à l'extraordinaire, mais restent une double-edged sword pour celui qui ose poser des mots sur l’expérience.







