Une étude menée aux États-Unis met en lumière une dépendance marquée des femmes âgées de 50 à 64 ans pour les aliments ultra-transformés. Cette tendance est attribuée à leur exposition précoce à ces produits ainsi qu'à des stratégies marketing ciblées qui ont façonné leur rapport à la nourriture.
Des consommateurs influencés dès l'enfance
Les femmes et les hommes de la génération X et du baby-boom, maintenant âgés de 50 à 64 ans, ont grandi dans un contexte où les aliments industriels étaient omniprésents. Leur enfance a été marquée par des produits comme les plats préparés, les biscuits allégés, les boissons gazeuses et la restauration rapide. Ces aliments, conçus pour être attirants, contiennent des niveaux élevés de sucres, de graisses et d'additifs, et sont devenus la base de leur alimentation au fil du temps.
Les chercheurs de l'Université du Michigan ont analysé les données de plus de 2 000 adultes américains âgés de 50 à 80 ans, en utilisant l'échelle de dépendance alimentaire de Yale version 2.0. Les résultats sont frappants : 21 % des femmes de 50 à 64 ans présentent une dépendance aux aliments ultra-transformés, contre seulement 10 % des hommes du même groupe d'âge. "Ces chiffres dépassent largement ceux observés dans d'autres cas de dépendances, comme celle à l'alcool ou au tabac," affirme Ashley Gearhardt, professeure de psychologie.
Un marketing ciblant les femmes
Cette dépendance apparaît surtout chez les femmes, notamment à cause des stratégies de marketing des années 1980, qui mettaient en avant des produits allégés comme solutions de contrôle du poids. Malheureusement, la composition de ces aliments, riche en glucides raffinés et en additifs, favorisait des comportements alimentaires déséquilibrés. Les femmes, souvent soumises à une pression sociale autour de l'image corporelle, se sont révélées plus susceptibles d'être influencées par ces messages. "Ces produits sont souvent présentés comme sains, ce qui complique la tâche de ceux qui tentent de réduire leur apport calorique," insiste Gearhardt. L'étude révèle aussi que les femmes de 50 à 80 ans qui se considèrent en surpoids ont 11 fois plus de chances de développer une addiction aux aliments ultra-transformés par rapport à celles qui se perçoivent à un poids normal.
Conséquences pour les générations futures
Au-delà des impacts du marketing, la dépendance à ces aliments transforme la santé et le bien-être. Une corrélation observée entre addiction et mauvaise santé souligne que les hommes rapportant des problèmes de santé mentale ont quatre fois plus de chances d'être dépendants, tandis que ce chiffre est près de trois fois plus élevé chez les femmes. L’isolement social apparaît également comme un facteur aggravant, les personnes se déclarant isolées étant trois fois plus à risque de dépendance. Cette interaction entre solitude, mal-être et comportements alimentaires compulsifs crée un cycle difficile à briser.
Les résultats de l'étude soulèvent d'importantes questions sur les périodes clés du développement exposant les individus aux risques de dépendance alimentaire. Les enfants et adolescents d'aujourd'hui consomment une proportion encore plus élevée de calories issues d'aliments ultra-transformés que leurs aînés à leur âge, plaçant les générations futures à un risque encore plus grand en matière de dépendance alimentaire.







