Une alimentation excessivement riche en acides gras saturés pourrait altérer les zones cérébrales régulant notre appétit, d'après des recherches menées par des scientifiques britanniques.
Les mécanismes de la prise de poids
Pourquoi certaines personnes ayant des problèmes de poids manquent-elles de contrôle face à la nourriture ? Des chercheurs du Rowett Institute, à l'université d'Aberdeen, au Royaume-Uni, ont tenté de répondre à cette question en réalisant une expérience sur des souris. En leur imposant un régime où 60 % de leur alimentation provenait d'acides gras saturés, ils ont observé des dommages cérébraux analogues à ceux liés à une inflammation ou à une embolie cérébrale.
Repercussions sur l'hypothalamus
Ces aliments riches en graisses ont entraîné des modifications au niveau des gènes et des protéines au sein de l'hypothalamus des souris, une région clé du cerveau responsable de la régulation de l'appétit et de la dépense énergétique. Ce dysfonctionnement pourrait expliquer la difficulté à suivre un régime. En d'autres termes, si ces résultats s'appliquent également aux humains, ils nous aident à comprendre pourquoi les personnes habituées à une alimentation grasse ont du mal à y résister et à modifier leurs habitudes alimentaires. Lynda Williams, directrice de recherche, souligne que "les aliments riches en graisses et en sucres, savoureux et énergétiques, incitent à en consommer de grandes quantités", ce qui peut entraîner une addiction. Cela indique aussi pourquoi les personnes obèses peine à maintenir une perte de poids après un régime.
Vers une recherche approfondie
La question de la reversibilité des effets de la malbouffe sur l'hypothalamus nécessite encore des investigations. De plus, des études récentes de l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) ont établi un lien entre une diète déséquilibrée et un dysfonctionnement du système nerveux entérique, une région cérébrale contrôlant les fonctions digestives. Ce constat révèle que "plus nous consommons d'aliments gras et sucrés, plus notre estomac se vide, créant ainsi un besoin accru de manger."







