Les bienfaits des produits laitiers sont souvent mis en avant, mais leur consommation demeure un sujet de débat. Selon une étude présentée lors du congrès annuel de l'ESC en 2018, les résultats sont contrastés : à l'exception du lait, dont le lien avec une augmentation des risques de maladies cardiaques est suspecté, d'autres produits laitiers semblent jouer un rôle protecteur contre la mortalité, tant globale que vasculaire.
Des effets bénéfiques notables
Le professeur Maciej Banach de l'Université de médecine de Lodz et son équipe ont analysé les données d'une vaste étude américaine réalisée entre 1999 et 2010 sur un échantillon de plus de 24 000 adultes. Les résultats révèlent qu'une consommation régulière de produits laitiers est associée à une baisse significative des risques de mortalité, particulièrement pour le fromage, avec un déficit de risque de 8 % en ce qui concerne la mortalité globale.
En les combinant avec douze autres études sur plus de 636 726 participants sur une période de 15 ans, les chercheurs n'ont retrouvé aucune corrélation entre la consommation de produits laitiers et les maladies cardiovasculaires. Le professeur Banach suggère même que les recommandations actuelles, qui incitent à réduire la consommation de fromages et de yaourts, devraient être révisées. Pour les adultes, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) prescrit un apport de 450 à 550 mg de calcium par jour, tandis que le Plan national nutrition et santé en France recommande au moins trois portions de produits laitiers par jour, soit 900 mg de calcium quotidien.
La controverse autour du lait
Malgré ces informations prometteuses, la question du lait n’est pas résolue. Une étude suédoise menée sur 20 ans a mis en évidence que l'augmentation de la consommation de lait pouvait doubler le risque de mortalité, y compris les maladies cardiovasculaires. Les résultats concernant le lait et son impact sur la santé osseuse demeurent tout aussi complexes. Certain(e)s chercheurs ont observé que la consommation élevée de lait était associée à un risque accru de fractures chez les femmes, ainsi qu'à une augmentation de la mortalité globale. Toutefois, ces constatations doivent être considérées avec prudence en raison de la méthode d'observation utilisée.
Le professeur Banach recommande une consommation de lait écrémé ou faible en gras, surtout pour ceux ayant une consommation importante de lait. D'autres experts suggèrent le lait entier. L'essentiel pour naviguer au sein de ces nombreuses divergences est de s'assurer d'une alimentation équilibrée, tenant compte des préférences et tolérances de chacun.
L'étude de l'Université de médecine de Lodz est accessible ici.







