Cuisine maison, circuits courts et produits de saison... Et si la crise sanitaire avait eu du bon s'agissant de l'alimentation des Français ? Deux expertes décryptent les conséquences de la pandémie sur nos habitudes alimentaires.
Avec la réouverture progressive des restaurants et la levée du couvre-feu, la France semble retrouver un semblant de normalité. Après plus d'un an de pandémie, il est temps d'examiner les changements, et pour ce qui est des habitudes alimentaires, le bilan s'annonce encourageant. Deux spécialistes, Laure Verdeau d'Agence Bio et Élodie Perthuisot de Carrefour, nous éclairent.
Quoi de neuf dans les assiettes des Français ?
Selon une étude menée en mars par Spirit Insight pour Agence Bio, les habitudes alimentaires des Français ont évolué grâce à la pandémie. Entre 2019 et 2020, la proportion de Français cuisinant davantage a grimpé de 47% à 55%. Élodie Perthuisot note un regain d'intérêt pour les produits frais disponibles en e-commerce, révélant que la crise a redynamisé le secteur traditionnel du commerce alimentaire.
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Cette hausse de la cuisine à domicile implique une plus grande attention à la qualité et l'origine des produits. "Cuisiner signifie plonger dans son réfrigérateur et porter un regard critique sur ce que l'on consomme," souligne Laure Verdeau.
L'émergence du locavore
Une autre tendance notable est l'engouement pour le locavorisme. Privilégier les circuits courts est désormais une préoccupation pour 59% des Français, et 61% des consommateurs bio. Les startups comme Greenweez et Potager City, qui livrent des paniers de produits frais, ont connu des croissances respectives de 60% et 30%, illustrant ce changement de comportement face à l'alimentation.
Une transition alimentaire durable
La transformation des habitudes alimentaires ne touche pas seulement à la santé, mais s'inscrit également dans une dynamique de long terme. Selon Laure Verdeau, la crise a sensibilisé les Français à l'importance d'une bonne alimentation, accélérant la transition alimentaire de deux à trois ans. La pandémie a également mis la santé au centre des préoccupations, avec un intérêt accru pour les aliments riches en éléments nutritifs.
Désormais, les consommateurs cherchent des produits non seulement sains, mais aussi éthiques, en favorisant les labels bio et locaux. Cette tendance est encouragée par une prise de conscience croissante des enjeux environnementaux, particulièrement parmi les jeunes. "64% des 18-24 ans ont modifié leurs habitudes alimentaires", confirme Élodie Perthuisot.
"Aujourd'hui, tout le monde prend le train de l'alimentation de demain." - Laure Verdeau
En somme, la pandémie a non seulement réorienté nos pratiques alimentaires, mais elle a aussi incité à une réflexion plus profonde sur notre consommation. Les nouvelles générations, motivées par des valeurs écologiques, semblent être prêtes à s'engager dans cette transition, faisant de cette évolution un processus potentiellement pérenne.







